Archive for ‘Sur la boulimie’

08/06/2012

La boulimie : une maladie ?

Raté ! La boulimie, c’est « seulement » un symptôme. Le symptôme d’un truc bien plus profond, insidieux, et compliqué : un trouble de personnalité, un trouble relationnel, une immaturité affective… bref, un truc qui se passe dans la tête, mais qui trouve aussi certainement (selon les dernières études) ça source dans les gènes ou la physiologie.

Le symptôme, la boulimie donc, consiste à être obsédé en permanence par la nourriture. En général, cela veut dire en consommer, sous formes de crises, d’immenses quantités, puis user d’un phénomène compensatoire (vomissements, sport intensif, phases anorexiques… ) pour limiter la prise de poids.

Toutefois certaines personnes ne compensent pas (hyperphagie, qui conduit le plus souvent à l’obésité), d’autres résistent avec une force de volonté extrême et donc ne craquent jamais, tout en étant obsédées en permanence…Elles n’en sont pas moins mal pour autant !

Source

La plupart du temps, les personnes boulimiques ont honte et se cachent. La plupart du temps, elles ont un poids normal et donc cela ne se voit pas. Mais parfois elles sont très maigres, ou très grosses.
J’ai envie de crier un grand STOP à la stigmatisation de l’obésité : ça suffit de se moquer, de dire que ces personnes manquent de volonté, qu’il « n’y a qu’à » faire un régime ! Le plus souvent, ces personnes sont si mal qu’elles ne peuvent pas faire autrement : la bouffe, c’est leur drogue, leur addiction, qui remplit ce vide abyssal et atténue cette angoisse qu’elles ressentent en permanence.

Imaginez à quel point c’est dur de se désintoxiquer d’une drogue dont on a besoin pour vivre ! L’alcool, on peut l’arrêter à vie : la nourriture, on ne peut pas s’en passer. Alors toutes ces personnes, chaque jour, se disent que c’est la dernière fois… mais elles ne peuvent pas faire autrement que de continuer à prendre leur drogue pour survivre.
Par ailleurs, des milliers de personnes au poids normal ressentent cette même souffrance, même si elle est invisible…

J’ai l’impression que les personnes bien dans leur peau ont une chance énorme, mais je crois qu’elles ne sont pas la majorité. Autour de moi, sur la blogosphère, chez Weight Watchers, je rencontre énormément de personnes qui à un degré plus ou moins poussé, ressentent ce mal-être. Ça fait partie de la vie, c’est très répandu, c’est presque normal en fait ! Être mal, pour moi il n’y a aucune honte à cela. Suivre une thérapie, aller voir un psy, n’est pas une honte non plus, au contraire !

Ce trouble de personnalité qui cause des troubles alimentaires, je vous en reparlerai forcément puisqu’il fait partie de moi, de mon histoire. Pour ma part, plus ça va plus j’ai envie de mener un combat pour faire connaître cette maladie du plus grand nombre. Parce que plus ça va, plus je me rend compte que le plus grand nombre EST concerné, soit directement soit via ses proches, sans toujours le savoir…
La prochaine fois, je vous en dirai plus sur ce trouble de personnalité, mais aussi sur les thérapies.

N’hésitez pas à réagir et à partager vos expériences…

 

PS : Je réalise juste après avoir écrit ce billet que c’est justement le thème de l‘édito du mois sur boulimie.fr, site que je vous recommande chaudement, tenu et écrit par ma thérapeute.

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18/05/2012

Après la boulimie, gérer les épisodes de crises…

Hier soir, j’ai craqué. Fait une bonne grosse crise à l’ancienne…

Pourtant, je ne suis aujourd’hui plus vraiment boulimique : je ne suis pas obsédée, à longueur de journée, par la nourriture, et je ne fais plus des crises énormes tous les soirs en rentrant chez moi pour assouvir cette obsession.

Mais je suis toujours fragile et je crois que je le resterai longtemps encore. Une grosse fatigue, une angoisse latente (liée au boulot, au célibat, à mes projets, ou à n’importe quelle connerie), et ça peut déraper. Mais ça peut vraiment déraper , pas simplement sur une tablette de chocolat mais sur une vraie crise de boulimie, parfois. Seulement c’est passager, c’est comme une soupape de sécurité, je relâche la pression et le lendemain, ça repart… 

Ce n’est pas toujours facile à accepter, surtout quand, comme maintenant, j’essaye de perdre le poids accumulé par mes derniers épisodes boulimiques ! Mais d’un autre côté, je sais que c’est pour moi une façon de gérer les difficultés, comme un fumeur se jetterai sur son nouveau paquet de clopes, un alcoolique sur sa bouteille ou un drogué sur sa dope… Sauf que je considère que guérir définitivement de la boulimie est bien plus difficile que de se sevrer de la drogue ou de l’alcool : en effet, s’il n’y a pas des phénomènes aussi importants de dépendance physique, il y a en revanche l’impossibilité de se « couper de sa drogue » pour se désintoxiquer ! Jamais on ne pourra arrêter de manger complètement ! Et avoir des placards complètement vides en permanence n’est pas très réaliste… Du coup, se sortir de cette galère est un vrai combat, et quand on n’est plus au plus profond du gouffre, et bien on peut toujours avoir quelques petites rechutes, pas bien graves mais parfois désespérantes !

J’en parle aujourd’hui plus ouvertement parce que je n’ai plus honte. La honte, je l’ai eue très longtemps, mais maintenant, je sais qu’il n’y a pas de raison. Chacun ses difficultés, le plus important, c’est de tout faire pour vivre avec et s’en sortir. Ce que je fais par ailleurs. Et quand j’ai vu le nombre de lectrices qui m’a dit, au lancement de mon blog, avoir eu les mêmes soucis, je me suis dit que cette expérience pouvait vraiment servir si je la partageais.

Voilà, donc aujourd’hui je rebondis, et c’est reparti pour un tour !

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